« Cette partie de Grand-Baie est sale et moche. » Ce sont les propos d’un touriste réunionnais de passage dans le nord de l’île. Le motif de son mécontentement : les travaux pour la construction d’un muret pour contrer l’érosion sur la plage de Grand-Baie.
Bon nombre de commerçants de cette région sont remontés contre le retard pris par ces travaux. En effet, ils ont débuté depuis mars et ne semblent pas près de se terminer. Ce qui pousse les commerçants du village à craindre une baisse d’affluence, et ce à quelques jours du début de la haute saison touristique.
C’est un projet qui aurait dû être complété il y a quatre mois, affirment les commerçants de Grand-Baie. Bien qu’ils aient favorablement accueilli le projet à son lancement en mars dernier, ils s’indignent désormais du retard pris par celui-ci. Mais ce qui nous préoccupe, c’est que le mois de septembre a été anormalement catastrophique.
Jean Philippe De Perceval, secrétaire de l’Association des commerçants de Grand-Baie, souligne que les affaires sont tombées depuis le début de la construction. « Nous n’avions rien contre, car ce n’était pas durant la haute saison. Nous craignons que les mois suivants soient similaires. » Il ajoute que ceux opérant en bordure de la plage ont dû manifester leur mécontentement il y a deux mois pour que le projet accélère. « Il a fallu que nous mettions la pression pour qu’ils mettent trois bulldozers au lieu d’un », affirme notre interlocuteur.
Dans la rue, les marchands soulignent que les touristes « ne font que passer » désormais. Un avis partagé par Kushal Butteea, un jeune homme qui travaille à Grand-Baie. Ce dernier explique que peu de touristes s’arrêtent pour manger ou pour faire des achats, ce qui affecte les affaires. « Zot dir ki tro sal isi, ena tro lapousier. »
Pour certains commerçants, la hauteur du muret pose également problème. En effet, les clients assis sur la terrasse des restaurants « ne verront pas la mer », selon eux. Nous avons tenté de contacter le Conseil de district du Nord pour plus de renseignements, mais la personne responsable n’était pas joignable. _ _ Source : Ile Maurice, l'express du mercredi 19 octobre 2011, page 5. Fabrice JAULIM