
Il pourrait renaître de ses cendres. Un projet d’Integrated Resorts Scheme ( IRS) à Roches- Noires, initialement proposé par des promoteurs français, est convoité par une compagnie immobilière chinoise.Elle compte racheter le terrain, actuellement sous administration judiciaire à cause des problèmes financiers rencontrés par les promoteurs français.
Un délai de neuf mois a été accordé par les administrateurs judiciaires à la firme chinoise pour remplir les conditions nécessaires afin de pouvoir faire l’acquisition de la parcelle. Celle-ci a été proposée à la vente il y a deux ans. Le Receiver Manager de la firme française, André Bonieux, Country Senior Partner de PricewaterhouseCoopers ( PWC), indique qu’à ce jour, seul un acte de vente conditionnel a été signé. « La vente n’est pas faite, mais c’est en bonne voie. Nous attendons que la compagnie chinoise obtienne les autorisations nécessaires du bureau du Premier ministre pour l’achat du terrain et aussi la Letter of Intent du Board of Investment.» Une fois cette lettre reçue, l’entreprise chinoise devra entreprendre des démarches pour le permis d’ Environment Impact Assessment ( EIA) et une étude détaillée pour pouvoir obtenir un IRS Certificate du Board of Investment.
« Comme le promoteur chinois est dans l’immobilier, il a ciblé sa clientèle. Le projet aura un apport énorme au niveau du Foreign Direct Investment » , ajoute André Bonieux. Il estime qu’une bourgeoisie émergente en Asie, y compris en Chine, est en quête de produits immobiliers à acheter à l’étranger.De ce fait, l’Asie doit être considérée non seulement comme une source de touristes et de matières premières pour le textile, mais aussi comme une source de capitaux et d’investissement, fait valoir André Bonieux. Les promoteurs de l’ancien projet IRS comprenaient un groupe d’actionnaires français et réunionnais engagés dans l’immobilier. Jean- Marie Bain occupait les fonctions de PDG de la compagnie créée pour développer le projet. Celle- ci a acheté le terrain de Roche- Noires, d’une superfi cie de 850 arpents, en 2007. Il était prévu que les travaux démarrent début 2009.
Cet ambitieux IRS devait comprendre 750 villas, dont les prix allaient de 600 000 euros à 2 millions d’euros, deux établissements hôteliers cinq - étoiles d’une capacité de 250 à 260 chambres chacun et un parcours de golf. Autres aménités : une marina, un centre commercial, une banque, des boutiques de luxe et des cafés. Côté bien- être, un centre médical, une clinique de chirurgie esthétique et un spa étaient à l’agenda. Mais la crise financière internationale est venue jouer au trouble-fête. A la demande d’une banque, un de ses principaux créanciers, la compagnie française a été mise sous administration judiciaire et le terrain a été saisi. « La bourgeoisie asiatique veut acheter des produits immobiliers à l’étranger. »
L'Express du mercredi 19 septembre 2012 - Alain BARBE