
Le groupe Medine célèbre cette année ses 100 ans.
Avec un patrimoine foncier considérable (10 700 hectares) et quelque 1 800 employés, le groupe redessine la carte de l’ouest de façon planifiée. Ainsi depuis 2005, il s’est doté d’un plan directeur des terres sur 20 ans, en vue d’ancrer ses multiples projets dans une logique économique respectueuse de l’environnement et de la cohésion sociale. Sucre, fruits et légumes, plantes, compost, paysagisme, distillerie, vinaigre, villas de luxe, morcellements résidentiels, hôtellerie, élevages de poulet et de cerfs, agence de voyages, centre de loisirs… La longue liste de ses activités est à l’image de son empreinte dans le paysage socio- économique du pays. Crise du sucre oblige, le groupe a dû anticiper une profonde mutation et trouver un équilibre économique entre son activité traditionnelle, la canne, et d’autres activités plus novatrices.

Là où d’autres ont misé sur le tourisme, la grande distribution ou la production de biocarburant, Medine s’est tourné vers la diversification agricole, l’immobilier et les loisirs. L’intégration de la culture de fruits et légumes au sein de son pôle agricole il y a quelques années constitue sans doute le pari le plus audacieux de Medine. Une innovation stratégique lancée à grande échelle en 2002, qui lui permet d’écouler chaque année sur le marché local environ 5 000 tonnes de fruits et légumes « Made in Medine » . Thierry Sauzier, Deputy Chief Executive Officer du groupe, affiche l’ambition de positionner ce dernier comme une partie du grenier de l’île : « Nous souhaitons tendre le plus possible vers l’autosuffisance alimentaire » , déclare- t- il dans la dernière newsletter du groupe. Tenant compte des risques de crise alimentaire et de la forte dépendance du pays aux importations, « Medine pourrait mettre en culture entre 200 et 300 hectares de terres pour les besoins de production de denrées alimentaires » . En plus des quelque 260 hectares que totalisaient déjà ces cultures en 2010.

La culture cannière reste tout de même au coeur des métiers du groupe, et ce malgré la crise du secteur qui causa pour l’établissement de l’ouest une perte de 36 % de ses revenus en trois ans. Rentabilité oblige, les terres cultivables, qui représentent près de la moitié du patrimoine foncier, ont toutes été épierrées au cours des trente dernières années. Ainsi en 2010, pour la première fois à Maurice, la coupe a pu être mécanisée à 100 %, ce qui a permis d’augmenter la cadence à 36,74 tonnes de cannes coupées à l’heure.
Il n’empêche que les cannes cèdent chaque année un peu plus d’espace aux projets immobiliers. Comme en témoignent le centre commercial Cascavelle Shopping Village et le Business Park attenant, qui sortent actuellement de terre entre Bambous et Flic-en-Flac. L’offre de terrains résidentiels n’est pas en reste. « La demande est bien là, constate Chaya Dhawotal, Sales and Administration Executive à Medine Properties. Le marché local redevient dynamique. » Après ceux d’Albion, Floréal, Canot, Roches Brunes et Pierrefonds, les deux derniers morcellements à Coromandel et Flic-en-Flac ont trouvé preneur assez rapidement.

Et côté haut de gamme, Medine fut le premier à Maurice à concrétiser le dispositif Integrated Resort Scheme ( IRS), avec l’aménagement du Tamarina Golf Estate . La construction d’un second ensemble, Akasha , est d’ailleurs prévue à proximité du premier, malgré la conjoncture économique qui plombe les ventes de ce type de villas.
L’innovation chez Medine, c’est aussi l’écotourisme avec Casela , sa savane africaine et les parcours de randonnée dans la nature préservée de Yémen. Ou encore les activités à valeur ajoutée environnementale, comme la pépinière, l’unité de compostage, l’agence de paysagisme, un système moderne d’irrigation et de gestion des ressources en eau. Enfin, c’est aussi l’engagement citoyen de l’entreprise qui, à travers la fondation Medine Horizons , vise à intégrer les populations avoisinantes dans le développement de la région.
Pour célébrer tant d’avancées et rendre hommage aux dizaines de milliers d’employés qui, depuis 1911, les ont rendues possibles, le programme de ce 100 e anniversaire est pour le moins étoffé. Parmi les temps forts, à noter la sortie jeudi prochain d’un timbre commémoratif, des séances de cinéma en plein air à Bambous en juin et juillet, l’édition d’un livre, attendu pour septembre, et un programme de volontariat invitant les employés du groupe à réaliser 100 bonnes actions dans leur localité d’ici la fin de l’année.
"Nous voulons tendre le plus possible vers l’autosuffisance."
Source: L'Express du Mercredi 29 Juin 2011 Pierre de Portzamparc