Terres agricoles : les prix atteignent un niveau record

Publié le 25/06/2010 | Mis à jour le 27/10/2026 • Par Xavier Avery Buckner

LES terres agricoles ont-elles la cote ou est-ce une surenchère des présents propriétaires ? En six ans seulement, les prix des terrains, dans des régions peu convoitées qui plus est, ont doublé, affirment des agences immobilières. _

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_ A titre d’exemple, un arpent sous culture de cannes, qui coûtait Rs 300 000 et qui avait du mal à trouver preneur, se monnaie aujourd’hui à prix fort. « Les terres agricoles sont devenues de bons investissements dans certaines régions » , explique Delphine Taylor, directrice générale du site lexpressproperty.com, qui recense plus de 4 500 annonces de ventes ou de locations à long terme, entre autres. _ _ A ce jour, 5 % des offres portent sur des terres agricoles. A Cap-Malheureux, par exemple, un arpent coûte Rs 9 millions. Dans la région cannière de Grand- Baie, 14 arpents de terre sont en vente à Rs 130 millions. Et dans la région du Vale, située à dix minutes de voiture de Grand- Baie, un lot de 10 arpents trouvera bien preneur à… Rs 60 millions. Dans l’Est du pays, à Flacq, un lot de sept arpents de terres agricoles se monnaie à Rs 20 millions. _ Pour Delphine Taylor, les vendeurs estiment que ces terres ont un fort potentiel de développement foncier, et la « conversion imminente » en terrains résidentiels est un excellent argument de vente. Daniel Poupinel de Valence, directeur de l’agence Re/ Max , abonde dans le même sens. « Aujourd’hui , les gens sont à la recherche des terrains excentrés des agglomérations. Ils cherchent des maisons secondaires. Ils achètent et attendent patiemment que ces terrains prennent de la valeur. » Les gens ont tendance à acheter des terrains situés dans les régions agricoles ou des endroits prisés, qui offrent une jolie vue, ou qui sont situés loin des agglomérations bruyantes, telles que Les Mariannes, Chamarel et Grand- Port. _ _ Les prix ne manquent tout de même pas de surprendre. Car il faut savoir que ce sera au propriétaire qu’incomberont les frais de conversion, la connexion d’eau et le raccordement au réseau électrique. « A Chamarel, les terrains ont atteint le prix de Rs 4 millions l’arpent. Certains sont même offerts à Rs 7 millions. A Grand- Port, sur une bonne pente, il faut chercher dans les Rs 4 millions l’arpent. Il ne faut cependant pas se voiler la face ; tous les terrains agricoles ne pourront pas se vendre à prix d’or » , tient à préciser le directeur de Re/ Max. _ _ Il fait en outre ressortir que tous les projets planifiés sont sujets à des conditions strictes. A Tamarin, un terrain qui avait été morcelé 7 ans auparavant a été vendu à Rs 2 millions l’arpent. Les propriétaires espèrent en tirer entre Rs 8 et 9 millions aujourd’hui. Toutefois, seulement ceux qui ne possèdent pas de deuxième maison pourront le developper. _ _ Sommes- nous entrés dans une bulle spéculative ? Un directeur d’agence très connu maintient que le pays est entré de plain- pied dans cette logique. Au fi nal, « ils ne sont pas beaucoup à pouvoir acheter des terrains qui valent Rs 7 millions l’arpent. Tous les Mauriciens pourront- ils, un beau jour, ne serait- ce que devenir propriétaire d’un lopin de terre independamment de sa taille ? » Un autre agent immobilier affi rme pour sa part que la bulle spéculative dont on parle date de « plusieurs années déjà » . « Maurice est une petite île. Voilà pourquoi l’intérêt sera toujours là… »

Kamlesh BHUCKORY

l'express du vendredi 25 juin 2010

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