Projet du groupe Sik Yuen : Des habitants disent non

Publié le 16/06/2011 | Mis à jour le 27/10/2026 • Par Xavier Avery Buckner

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CITÉ Pitot cédera-t-elle place à un développement commercial ? La décision finale reviendra à la municipalité de Curepipe. D’ores et déjà, le groupe Sik Yuen se dit déterminé à mener à bien son projet. Mais celui-ci ne fait pas l’unanimité parmi la douzaine de familles qui habite Cité Pitot… Le point d’achoppement : l’expulsion éventuelle des habitants. Mais, Mario Sik Yuen, membre de l’exécutif de Sik Yuen Ltd ( SYL), précise qu’il n’a jamais été question de les expulser : « Les special conditions du tender précisent bien que le promoteur éventuel doit reloger et compenser les familles. » Mais, les résidents de Cité Pitot ne l’entendent pas de cette oreille. Et ne décolèrent pas depuis que le ministre Hervé Aimée a déclaré au Parlement que le terrain sur lequel la cité a été construite, n’est pas un don d’Emile Pitot – comme a pu l’affirmer le député Eric Guimbeau – mais a été acheté par la mairie de Curepipe de propriétaires différents, en 1929 et 1930. « C’est un don ! » affirme une des habitantes, qui raconte avoir habité la cité toute sa vie. « A- t on le droit de vendre un don ? » Elle déclare ne pas vouloir avoir à faire à des promoteurs ou même à la municipalité. Et, réclame l’intervention du ministre Hervé Aimée. « Qu’il joue carte sur table ! Qu’il vienne nous voir avec un contrat en mains ! » Un autre habitant fait ressortir, pour sa part, qu’aucun des maires de Curepipe n’a pu les déloger. « Même Darga n’a rien pu faire ! C’est parce que nous avons des droits. Nous payons une location de Rs 200 tous les mois. On ne peut pas nous déloger comme des bêtes » , lâche- t- il. D’autres, par contre, se montrent plus conciliants. « J’habite ici depuis 31 ans, mais il y a de plus en plus de prostituées et de drogués qui rôdent. En plus, trois des maisons sont occupées de manière illégale, sans compter les étudiants qui viennent boire et la rareté des patrouilles de police » , explique une autre habitante de Cité Pitot. Ainsi, dit- elle, elle ne serait pas contre un projet de développement, aussi longtemps que les actuels pensionnaires de Cité Pitot soient pris en considération : « C’est tout de même ma maison et j’ai investi Rs 15 000 en rénovation à l’époque. » Mario Sik Yuen souligne, lui, qu’avec ce projet, le groupe SYL veut faire de Cité Pitot une des attractions phare de Curepipe. « L’intérêt de la ville est supérieur à l’intérêt personnel » , dit- il. Pourtant, l’initiative de SYL essuie des critiques de part et d’autre en raison notamment de l’implication éventuelle du ministre Michael Sik Yuen. Ce que récuse Mario Sik Yuen. « Michael Sik Yuen n’y a mis son nez à aucun moment » , insiste- t- il. D’ailleurs, rappelle- t- il, l’intérêt du groupe pour le terrain de Cité Pitot remonte à 2001, lors du premier exercice de tender de la mairie. Et ce, bien avant l’entrée en politique de Michael Sik Yuen, précise- t-il. « D’ailleurs, quand il était maire en 2008, la municipalité a émis un autre tender auquel nous n’avions pas répondu, parce que nous avions d’autres priorités » , lâche Mario Sik Yuen. Avec ce projet, poursuitil, l’objectif de SYL n’est pas de se poser en concurrent direct aux grands shopping malls . « Il y aura sans doute une aire de stationnement, un foodcourt et quelques magasins périphériques, décrit- il. Les prix seront aussi bas que dans les grandes surfaces. De nos jours, les choses coûtent tellement cher que l’idée est d’offrir une alternative à la longue route jusqu’à Bagatelle. Ce sera un centre commercial plus petit, mais qui répondra aux besoins immédiats des familles mauriciennes. Nous ne voulons pas construire un éléphant blanc. »

« On ne peut pas nous déloger comme des bêtes. »

Ronnie Antoine L'Express du Jeudi 16 Juin 2011

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