
NOUVEAU RECORD pour les investissements étrangers en 2010. Ce sont la finance et l’immobilier qui attirent le plus de capitaux, tandis que la santé et la construction affichent une belle progression.
Rs 13,9 milliards. C’est le montant record des investissements directs étrangers ( IDE ; en anglais foreign direct investments , FDI) enregistré en 2010. Le dernier record, à Rs 11,5 milliards, remontait à 2007. Comme les années précédentes, le secteur de la finance s’est taillé la part du lion en attirant le plus de non- résidents avec 4,6 milliards. Vient ensuite l’immobilier qui a mobilisé Rs 3,4 milliards. Environ 60% de ces investissements ont concerné les projets IRS ( Integrated Resort Scheme ) et RES ( Real Estate Scheme ). A noter que les montants investis dans les projets IRS et RES sont restés pratiquement inchangés par rapport à 2009. En revanche les secteurs de la santé et de la construction ont enregistré des progressions spectaculaires avec respectivement Rs 2,7 milliards et Rs 1,3 milliard. Après le trou d’air de 2009, quand les IDE étaient retombés à Rs 8,7 milliards du fait de la crise, l’affl ux de capitaux étrangers inonde donc à nouveau Maurice. Durant les années 2000, les investissements étrangers n’étaient pas aussi importants dans le pays. D’ailleurs, Maurice n’a jamais vraiment compté dessus pour assurer sa croissance, après la période de lancement de la zone franche, notamment avec des capitaux en provenance de Hong- Kong. Par la suite, la plupart des investissements, dans le textile ou l’hôtellerie, ont été le fait d’entrepreneurs locaux. Aujourd’hui, l’afflux de capitaux extérieurs est primordial car il contribue à l’amélioration des infrastructures du pays et à la diversifi cation de son économie, notamment dans la finance ou les technologies de l’information et de la communication. Les IDE permettent également de contrebalancer le déficit chronique et grandissant de nos échanges extérieurs au niveau de la balance des paiements.
LE TOP TEN MONDIAL POUR OBJECTIF
Le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, souhaite d’ailleurs que Maurice fi gure dans le top ten mondial des récipiendaires d’investissements étrangers directs. Malgré la bonne performance de Maurice en la matière, le ministre des Finances a affi rmé que le pays a encore une longue route à parcourir pour atteindre cet objectif. Pravind Jugnauth a donc demandé au Board of Investment ( BOI) de mettre en oeuvre un programme d’action, en collaboration avec les partenaires des secteurs public et privé, afi• d’améliorer le classement mondial de Maurice. Le BOI a récemment signé quatre nouveaux Memorandum of Understanding ( MoU) avec la Bostwana Exports Development and Investment Authority, l’Agence nationale pour la promotion des investissements de la République démocratique du Congo, le Centre de promotion de l’investissement du Mozambique et le Seychelles Investment Bureau . En 2010, le BOI avait déjà signé deux MoU avec le Zimbabwe et le Swaziland. Les investisseurs étrangers plébiscitent également Maurice pour les placements financiers. Le différentiel de taux avec des pays comme les Etats- Unis ou la zone euro a entraîné un afflux de capitaux spéculatifs à la recherche de bons rendements. Par exemple, aux Etats-Unis les taux « banque centrale » sont compris entre zéro et 0,25 % alors que le taux repo de la Bank of Mauritius ( BoM) est désormais de 5,25 %. Pour un spéculateur, il est donc intéressant d’emprunter des dollars pour les placer en roupies. Les non- résidents font aussi les beaux jours de la Bourse de Port- Louis avec des achats nets ( achats moins ventes) de Rs 1,56 milliards en 2010. Ils ont massivement investi dans les poids lourds de la cote comme la Mauritius Commercial Bank ( MCB), la State Bank ou New Mauritius Hotels ( NMH) contribuant ainsi à la hausse de 18 % de l’indice Semdex l’année dernière.
REVERS: L’APPRÉCIATION DE LA ROUPIE
Ces investissements financiers étrangers ont toutefois leurs inconvénients. L’afflux de capitaux sur la roupie entraîne une appréciation de la monnaie nationale qui fait perdre de la compétitivité aux exportateurs. Et le dernier relèvement du taux repo de la BoM ne devrait pas enrayer ce mouvement puisque le spread de taux a encore augmenté par rapport aux Etats-Unis ou à la zone euro. Par ailleurs, sur la Bourse, le poids des non- résidents provoque parfois une forte volatilité des cours. C’est ce qui s’est passé entre la mi- février et la mi- mars de cette année quand le marché mauricien a subi une nette correction liée au désengagement des investisseurs étrangers. Nombre de professionnels déplorent d’ailleurs que Maurice ne dispose pas d’une base solide de petits porteurs locaux qui permettrait d’éviter cette trop forte volatilité.
Source: L'Express du Dimanche 03 Avril Pierrick pédel