CRISE ou pas, l’immobilier se porte bien. En effet, le coût des maisons, des appartements et des terrains a accusé une hausse de 20 % à 30 % au cours des trois dernières années. Les projets d’ Integrated Resorts Scheme ( IRS), les nouveaux centres commerciaux et la modernisation de l’infrastructure routière sont quelques-uns des facteurs derrière cette hausse.
Pour 2011, des « craintes » sont exprimées quant à un éventuel ralentissement des transactions en raison de la taxe sur la plus-value immobilière lors d’une vente, la Capital Gains Tax (CGT).
Malgré cette taxe, certains opérateurs pensent quand même que le prix des maisons, et des appartements devrait accuser une hausse de 10 %. Sanjay Sewraz, Sales & Marketing Manager de Soproges Ltée, reste optimiste sur l’évolution du secteur malgré la Capital Gains Tax (CGT) et la Land Transfer Tax ( LTT).
Comme Gyan Kessewnath, président d’A &A Marketing Ltd, et Uttum Sanmukhiya, Managing Director de V5 Immobilier, Sanjay Sewraz avance qu’il y a eu une « progression » des ventes malgré la hausse des prix de 20 % à 30 % entre 2007 et 2010.
« La valeur de l’immobilier ne baisse pas. Cela reste un investissement des plus sûrs. La crise de l’euro de 2010 et la crise financière internationale de 2008 et 2009 n’ont eu pratiquement aucun effet sur le prix des maisons et des terrains », fait- il ressortir. Selon lui, les Mauriciens qui travaillent à l’étranger le font de plus en plus. La demande est là.
Uttum Sanmukhiya est d’avis que Quatre-Bornes est la ville la plus demandée pour l’achat d’une maison ou d’un appartement, car elle se trouve à proximité d’Ébène. La proximité des supermarchés, des centres commerciaux et de l’infrastructure routière y sont pour quelque chose.
Selon Sanjay Sewraz, le prix, à titre indicatif, d’une maison de 1 500 pieds carrés, de deux ou trois chambres à coucher à Quatre-Bornes, peut coûter entre Rs 4 et 5 millions. Cependant, dans des régions du nord et de l’est, loin du littoral, le prix peut varier entre Rs 3 m et Rs 3,5 m, pour une maison de 2000 à 2 500 pc. Et si elle est équipée d’une piscine, il faut compter entre Rs 6 m et Rs 10 m.
À Rivière-Noire, c’est surtout le prix du terrain qui fait monter celui de la maison ou de l’appartement.
Uttum Sanmukhiya se dit lui « très satisfait de ses ventes de maisons en 2010, même si les prix ont quelque peu fl uctué » . La baisse du taux d’intérêt a augmenté la demande. Ses ventes de terrains ont même connu une croissance de 50 % en 2010, comparées à 2009.
« C’est le Sud et le Sud- Est, de Rivière- Noire à Bel- Ombre, qui est très demandée. La toise coûte va de Rs 15 000 à Rs 30 000. La réalisation de projets de villas de luxe, les facilités d’accès et les infrastructures adéquates ont un impact direct sur le prix des terrains dans ces régions » , explique-t- il. Au Nord, à Calodyne, Goodlands, et St- Antoine, de même qu’au centre, à Moka, le prix, est presque le même, soit de Rs 15 000 la toise. À Highlands et Côte d’Or, qui sont aussi des régions très demandées, le prix varie entre Rs 8 000 et Rs 12 000 la toise. Dans certains morcellements, à Souillac, la toise varie entre Rs 9 500 et Rs 18 000. À Flic en Flac, c’est Rs 14 500 et à Coromandel, Rs 10 000. « Les banques sont très prudentes dans l’octroi de crédits.Il y a aussi beaucoup de spéculations » , explique Uttum Sanmukhiya.
Mais pour 2011, certaines agences, telles que Soproges et A & A Marketing pensent que la CGT et la LTT peuvent « ralentir » les transactions pendant un certain temps.
Shyam Ramphul, directeur de ConneXion Immobilier , pense que ces deux taxes sont « un coup de massue» sur le secteur de l’immobilier, et que « ce sont les acheteurs qui vont payer les pots cassés » . Alors que Sanjay Sewraz estime pour sa part que les Mauriciens « finiront par s’y habituer » et qu’après un ralentissement, la vente de maisons et de terrains devrait reprendre et retourner à la normale.
Alain BARBÉ
L'express du lundi 10 janvier 2011