Constructions illégales : La Beach Authority en eaux troubles

Publié le 26/08/2010 | Mis à jour le 27/10/2026 • Par Xavier Avery Buckner

plage-publique

Les toilettes ont été rasées sur la plage publique de Flic-en-Flac pour laisser place à un bâtiment commercial, en cours de construction.

SON projet de restaurant sur les toilettes publiques à Mont Choisy avait fait grand bruit. La Beach Authority fait à nouveau parler d’elle avec, cette fois, la construction de bâtiments commerciaux sur la plage publique de Flic- en- Flac et de La Preneuse en lieu et place des toilettes. Des constructions illégales, la Beach Authority n’ayant pas sollicité l’avis du ministère des Terres. D’ailleurs, un Stop Work a été émis à l’encontre de toutes les constructions entreprises par la Beach Authority, hier, par le ministère de tutelle.

Une audience a également eu lieu hier devant le Planning Committee du district de Rivière- Noire. La Plate- forme Sauver les Plages de l’île Maurice, menée par Georges Ah- Yan, présente à cette réunion, est montée au créneau, dénonçant la construction de bâtiments commerciaux à la place d’anciennes toilettes sur plusieurs plages publiques par la Beach Authority . Selon Georges Ah- Yan, les travaux ont été entrepris à Flic- en- Flac et à La Preneuse sans l’approbation du ministère des Terres et sont donc illégales. Une demande pour un land use permit n’aurait été faite qu’une fois que la construction des bâtiments à Flic- en- Flac a été complété à 60 % ! « On a soulevé plusieurs questions en relation avec la construction à Flicen- Flac et cela donne des clarifications quant à l’illégalité des travaux entrepris » , souligne Georges Ah- Yan.

Le représentant de la plate- forme de dénoncer le fait que la Beach Authority entreprend à la fois la construction, loue les bâtiments, octroie les permis d’opération et récolte les frais de location. « Où voyez- vous la justice dans tout cela ? » fulmine Georges Ah- Yan.

Et d’ajouter : « Le problème est similaire à Blue- Bay, Trou- d’Eau- Douce, La Preneuse et le Morne.

Dans ces endroits, les toilettes ont été converties en bâtiments commerciaux. La Beach Authority a entrepris les travaux sans aucune permission. » Présent à l’audience, hier, le directeur de la Beach Authority , Soobash Seeruttun, a fait preuve d’une grande arrogance. « Son body language était grossier. Il s’est exprimé avec beaucoup d’ironie et de prétention et même avec provocation. Il s’est permis de quitter la salle avant la fin de l’audience » , commente Georges Ah- Yan, ajoutant que la défense de Soobash Seeruttun était loin d’être convaincante.

Le directeur de la Beach Authority , lui, rejette la faute sur la Beach Authority Act de 2002. « Il n’est pas dit dans la loi que la Beach Authority n’a pas le droit de construire et de louer. Mais, la décision de construire est une décision du board , pas la mienne » , soutient- il. Et, concernant la location et l’octroi de permis, il affirme que « se Beach Authority ki ger laplaz ki sanla ou oule fer tou sa la ? Nou gayn 4 millions ar location batiment lor laplaz » . Et de préciser qu’avant 2002, c’étaient les collectivités locales qui avaient à charge la gestion et la location des bâtiments. « Se enn heritaz li ti tou le temp coumsa. Nou finn zis poursuiv tradition. An plis, la loi la ena fay. Travaux inn arete nou pe travay avek minister de Terres pou trouv enn solution » , indique Soobash Seeruttun.

« An plis, mo pa oule diskite avek bann dimoun coumsa » , ajoutet- il faisant référence à la plate- forme menée par Georges Ah- Yan. A noter que le ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally, a émis un Stop Work concernant tous les travaux de la Beach Authority sur les plages publiques. Selon un haut responsable du ministère, les constructions sont illégales car entreprises sans l’autorisation du ministère. De plus, il se trouve que les bâtiments ont été érigés sur les Pas Géométriques.

« Les travaux n’ont pas été suspendus, mais stoppés. Toutefois, le ministre interviendra plus tard concernant cette issue » , tient à préciser notre interlocuteur. Contacté, le ministre Hervé Aimé a, quant à lui, affirmé que la Beach Authority a à charge la gestion des plages. Toutefois, ditil, s’il y a des malentendus ou des problèmes « ce n’est pas la faute du ministère des Collectivités locales, mais de la loi » . A quoi, Georges Ah- Yan répond que les articles 4 et 5 de la Beach Authority Act de 2002 stipule que l’organisme n’est pas un « commercial concern » . Et au représentant de la plate- forme de conclure : « Je demande le démantèlement de la Beach Authority et que les collectivités locales reprennent le contrôle des plages. »

L'express du jeudi 26 août 2010

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