
BEEKASH ROOPUN LES centres commerciaux, subissant les contrecoups de la crise européenne, voient leurs ventes chuter drastiquement, mettant sous pression le loyer, coût fixe substantiel dans les frais opérationnels. C’est ce qu’affirme Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de Commerce et de l’Industrie. Gérant le plus grand complexe commercial du pays, le Caudan Development a vu ses profits nets réduits de moitié pour l’année financiére 2009- 10, pour atteindre Rs 49,6 millions. Les ventes de ses 170 boutiques, réparties dans deux complexes au Caudan, ne sont pas au mieux. Cependant, il n’est pas question de réduire le loyer. Interrogés, des gérants se disent confiants en des jours meilleurs, à l’instar de Philippe d’Arifat, directeur des complexes du Caudan. « Nous n’avons pas de défection de locataires à cause du loyer » , lâche- t- il. « Le plus dur » ajoute- t- il est passé. Des jours meilleurs s’annoncent donc avec la reprise palpable, dit- il. Entre- temps, il s’agit pour les commerces de maintenir un seuil de rentabilité. La solution réside dans l’organisation de braderies, où des produits griffés seraient proposés à des prix moindres. « D’ailleurs, les Mauriciens représentent entre 50 et 60 % de notre clientéle » , fait ressortir notre interlocuteur. Qui plus est, les touristes, déboursant moins pour leur séjour à l’hôtel, pourront ainsi dépenser plus sous l’ item shopping . Plus à l’intérieur du pays, où les Mauriciens semblent se serrer la ceinture et ne dépenser que pour les nécessités, la tendance est la même. A Rose- Belle, le centre commercial du Vieux Moulin, qui a nécessité des investissements de Rs 300 millions, est en situation de monopole dans cette partie du pays. Son crime est d’être entrée en opération fi• 2008, alors que les premiéres secousses de la crise mondiale se faisaient sentir. Aujourd’hui, des 90 000 pieds carrés disponibles, 10 000 cherchent toujours preneurs. Les affaires virent au ralenti. Les commerces réclament une réduction du loyer. La direction refuse. Deven Vyravene, directeur de l’agence immobiliére Davyland , société propriétaire du Vieux Moulin, nous fait part de son incapacité à accéder aux requêtes de baisse de loyer. « J’ai des charges financiéres à respecter auprés des banques. Il y a les services de gardiennage et autres coûts similaires à entretenir » , affi rme t- il, tout en se disant confiant en une reprise. Il en veut pour preuve l’installation prochaine de l’enseigne de véhicule Honda . Ce centre commercial, avec sa trentaine d’emplacements, misera, tout comme le Caudan Waterfront , sur des promotions au mois d’octobre pour permettre aux commerçants de se requinquer. Et quid des nombreux nouveaux complexes qui s’annoncent ? « C’est le début de la fin » , commente Philippe d’Arifat. Mais l’ Indian Ocean Real Estate Company , un partenariat entre le Groupe Mon Loisir et le fonds privé britannique Actis, a déjà anticipé les effets de la crise sur le loyer. Son premier projet, le centre de Riverside, à Riviére-du-Rempart, ouvrira ses portes en novembre, et les emplacements affi chent complets à 90 %. Chan Chakravarti, Chief Executive Officer d’IOREC, dit avoir offert un loyer qui refléte la tendance du marché…
Kamlesh bhuckorry L'Express du Jeudi 23 Sept 2010